mardi 16 février 2016

John Niven – Old school / chronique

Quelques informations sur ce livre :

Auteur : John Niven
Titre : Old school
Éditeur : Sonatine
Nombre de pages : 415
Prix : 19,00 €
Date de sortie : 18 février 2016


Quatrième de couverture :

Susan Frobisher et Julie Wickham approchent de la soixantaine. Amies depuis l’enfance, elles habitent une petite ville du Dorset, en Angleterre. Susan a tout pour être heureuse : une jolie maison et un mariage solide avec Barry, comptable. Pour Julie, la vie n’a pas toujours été aussi tendre : elle a traversé plusieurs échecs professionnels et amoureux. Mais aujourd’hui, elle a trouvé un peu de stabilité. Les deux amies vivent donc paisiblement jusqu’au jour où on retrouve Barry mort dans un appartement inconnu aux airs de repaire porno… Susan découvre alors que son époux menait une double vie et avait accumulé de nombreuses dettes. Sa maison est sur le point d’être saisie, elle va tout perdre.
Sous l’influence d’un gangster octogénaire, les deux femmes décident de jouer le tout pour le tout et de cambrioler une banque. Avec l’aide d’une poignée d’amis déjantés, elles mettent leur plan à exécution. Mais comment s’enfuir avec leur butin ? L’improbable petite bande met les voiles pour une équipée à travers l’Europe où elle croisera un jeune auto-stoppeur, Interpol et la mafia russe. Et si, au lieu de décliner, leurs vies ne faisaient que commencer ?

John Niven nous offre un nouveau cocktail survitaminé où deux héroïnes sexagénaires vont tenter de renverser le destin. Leurs aventures rocambolesques sont un régal pour les amateurs d’humour grinçant. Car, comme toujours chez Niven, sous le vernis trash se cache une critique acérée de la société. L’amitié, la vieillesse, la classe moyenne anglaise, la bulle immobilière et le sexe en groupe sont autant de thèmes que l’auteur griffe ici à loisir, avec un talent satirique sans pareil.


Ce que Cédric en a pensé :

Susan Frobisher, la soixantaine fringante, vivait paisiblement dans une charmante bourgade anglaise sans histoires jusqu'au jour où son mari est retrouvé mort dans un appartement sordide, nu, à genoux sur une table, suspendu au plafond par les bras, un godemiché d'une taille démesurée explorant les confins de son rectum. L'enquête de police va alors révéler à Susan que son époux lui a menti toute sa vie et qu'il la laisse dans le dénuement le plus total, à cause d'emprunts pharamineux contractés dans son dos afin de satisfaire ses penchants sexuels déviants. La banque de Susan va alors être contrainte de lui prendre sa maison pour qu'elle puisse faire face à ces dettes surgies de la duplicité de la vie de son défunt mari, la mettant par la même occasion à la rue. L'existence de Susan va alors basculer et prendre un tournant qu'elle n'aurait jamais imaginé : le banditisme.

Deuxième roman de John Niven publié en France par Sonatine Éditons, Old School se révèle être un livre réussi à bien des égards. L'humour, tout d'abord. Le récit est pavé de situations rocambolesques, de dialogues hilarants et de protagonistes hauts en couleurs, à l'instar du personnage de Ethel – octogénaire portée sur la bouteille et le sexe, au langage plus que fleuri. L'histoire, ensuite. Les aventures de ces vieilles dames sont rondement menées et finement écrites ; on ne s’ennuie pas une seule seconde et le livre colle aux mains – impossible de le poser. Le décalage entre l'âge des personnages, leur comportement – imaginer une octogénaire belliqueuse, jurant comme un charretier, alcoolique et obsédée sexuelle, est une idée scénaristique brillante – et les péripéties auxquelles elles doivent faire face est sans conteste le point fort de ce roman et lui confère un intérêt tout particulier. De plus, la galerie des personnages secondaires, tous plus farfelus les uns que les autres, vaut son pesant de cacahuètes.
Bref, un livre qu'il faut absolument lire.



Extrait :

« Et merde, songea le jeune inspecteur. Quelque part au loin, un hibou émit un ululement lugubre – le son le plus sinistre au monde. Du moins pour un temps. Car Wesley sentit soudain Boscombe se crisper dans la pénombre, se soulever légèrement de son siège... et émettre une flatulence stridente, dirigée droit ver lui.
– Mais... mais chef...
– Désolé, marmonna le coupable d'une voix ensommeillée dépourvue de la moindre trace de regret.
Vint alors l'instant de terreur : celui où l'on voit le champignon atomique se former à l'horizon mais où l'on ne ressent pas encore la violence du choc. Quatre secondes plus tard, cette horreur devint bien réelle quand la preuve olfactive des récents méfaits alimentaires de son chef commença à déferler dans l'espace réduit de l'habitacle – sorte de pestilence toxique entre le remugle de la décharge publique et le tas de poubelles suppurantes, la puanteur du chou bouilli dans du lait caillé et le cadavre en putréfaction.
– oh putain putain putain, s'affola Wesley en abaissant fébrilement sa vitre pour tendre la tête au-dehors et respirer l'air frais. Mais qu'est-ce qu'il a bouffé ce con ? Question rhétorique, en vérité. Wesley connaissait déjà la réponse : tourtes à la viande, saucisses, hamburgers, bœuf bouilli, steaks bon marché, sandwichs au bacon... le régime 100 % gras, fossoyeur certifié des intestins. Sauf que l'odeur qui s'en dégageait était encore pire. A croire qu'il se nourrissait exclusivement de sulfate.
– Nom de Dieu, chef !
Mais Boscombe dormait déjà à poings fermés. »


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